Speed impressionisme painting performance paysage d'été ...
Karl Schmidt-Rottuff
Quatre Baigneuses sur la plage,1913
Hanovre, Sprengel Museum
Dès 1912, Schmidt-Rottluff introduisait une innovation stylistique décisive. En septembre, il fit la connaissance des expérimentations de formes pratiquées par le cubisme français au cours de l'exposition "sonderbundausstellung" de Cologne. Ces modèles inspirèrent l'artiste à réaliser de propres tableaux osés dans lesquels il décomposait les personnages humains représentés en formes cubiques à moitié abstraits.
Dans "quatre baigneuses sur la plage", le rouge domine, et eteint de ses feux les autres couleurs. Dans ses tableaux contenant toujours plusieurs personnages, il représente chaque nu de façon individuelle, comme perdu dans ses pensées; on ne distingue aucune interaction, à peine un regard échangé entre eux. Composés de lignes sommaires et généreuses, leurs corps monumentaux, en position verticale, se détachent du paysage horizontal.
Après le bain, 1912
Germäldegalerie Neue Meister
Karl Schmidt-Rottuff
Jeune fille faisant sa toilette,1912
Berlin(Oeust), Brücke-Museum
Parmi les artistes de la communauté "Die Brücke", Karl Schmidt-Rottluff est celui ayant le moins participé à la vie de groupe. Il préférait se retirer pour peindre dans sa propre petite chambre. Karl Schmidt n'a absolument pas participé aux séjours de ses colègues non seulement devenus célèbres, mais ayant aussi tellement contribué à l'évolution de leur style artistique effectués entre 1909 et 1911 au bord des étangs de Moritzburg, séjours symbolisant l'expression vécue de leurs idées réformatrices de la société. Né, le 1er décembre 1884 en tant que fils d'un meunier de Rottluff, était le plus jeune des artistes du groupe "Die Brücke".
Rupture de digue, 1910
Berlin, Brücke-Museum
Ce tableau est dominé par la couleur agressive d'une grande surface rouge non modelée, à laquelle Schmidt- Rottluff oppose le contraste d'un bleu intense. La troisième couleur primaire, le jaune, n'apparaît ici qu'en qualité d'accord accompagnant le vert et l'orange. Le sujet de cette représentation demeure pratiquement privé d'importance et ne constitue que le prétexte de donner cours à ce fleuve de couleur sans aucune retenue. La combinaison de rouge dominant et de bleu outremer apparaît également dans de nombreux autres tableaux de Schmidt-Rottluff de la même époque. Ce nom-respect du coloris local naturel en faveur d'une radicalisation du choix des couleurs a d'ailleurs conduit à bien des malentendus et lui a valu le reproche de faire preuve d'un bariolage acide et criard. Avec les tableaux de cette année-là, Schmidt atteind le maximum de maturité de son évolution, et à leur suite, il donne jour à beaucoup de ses oeuvres les plus impressionnates, marquées des caractéristiques de style typiques de l'expressionnisme du groupe "Die Brücke".
Erich Heckel
Scène au bord de la mer (baigeuses)1912
Wuppertal, Von der Heydt-Museum
Le départ de Heckel pour Berlin à l'automne 1911 enrichit l'artiste de nombreux impressions nouvelles ainsi que d'importants contacts. Peu à peu, le public commençait à le reconnaître. En 1913 eut lieu la première exposition,réservées à ces oeuvres. Même si le nu féminin dans la nature ou l'atelier demeure le thème principal de ses confrontations artistiques, ses tableaux commencent à avoir une résonnance différente. Les joyeuses scènes aux couleurs gaies de baignade aux étangs de Moritzburg se modifient- "le jour de verre" en est une oeuvre-clef.
Le jour de verre, 1913
Munich, Staatsgalerie moderner Kunst
Le sujet est exécuté à la peinture à l'huile diluée. La souple ligne décorative, qui entourait jusqu'à présent toutes les formes, a disparu pour faire place à des hachures rectilignes anguleuses, construisant un motif de formes cristallines imbriquées les unes dans les autres.La couleur bleue translucide de l'eau et du ciel prédomine dans l'ensemble de la composition et semble pénétrer tous les autres éléments picturaux, à savoir le nu de femme au premier plan ainsi que la falaise à l'arrière-plan. Par cette coloration glaciale, gelée, de la représentation, par la cristallisation des éléments de forme et de thème des reflets, auxquels le titre du tableau, "jour de verre" décrivant moins le sujet que les moyens formels de style, se réfère également, Heckel se détache de la couleur en tant que porteur de l' expression de sa peinture pour arriver à une représentation de la lumière et d'un espace pictural immatériel, tranperçant la surface de couleur. Ce n'est certainement pas un hasard si ce renouveau thématique chez Heckel concorde dans le temps avec la dissolution définitive de la communauté d'artistes"Die Brücke" ayant eu lieu la même année.
Erich Heckel
La Briqueterie, 1907
Castagnola, Collection Thyssen-Bornemisza
Les premières peintures à l'huile de Heckel possèdent aussi cette application de peinture pâteuse impressionniste, caractéristique de tous les peintres du groupe " Die Brücke". Heckel utilise encore les peintures telles qu'elles sortent du tube sans les diluer, et les applique sur la surface en courtes hachures. Il peint encore ses premières oeuvres sur du carton, et ce n'est que plus tard, à partir de 1907, qu'il passe à la toile. L'application des peintures devient alors généreuse, et les tons sont appliqués de telles manières les uns à côté des autres que l'on puisse toujours voir réapparaître le fond. Par ce moyen, Heckel accentue la valeur expressive de chacune des couleurs et n'essaie pas- justement au contraire de l'impressionnisme- d'atteindre un mélange apparent des couleurs. Le ciel multiplement décomposé en hachures au mouvement rythmique est aussi particulièrement remarquable. Lorsque l'année suivante, Heckel fit la connaissance de Van Gogh, il trouva la confirmation de ses efforts.
Maisons rouges, 1908
Bielefeld, Kunsthalle der Stadt Bielefeld
Dans "maisons rouges", un étroit chemin part du bord infèrieur du tableau, passe à travers de vastes prairies vertes, pour arriver à une ferme constituée de plusieurs bâtiments. Celle-ci s'étire horizontalement sur toute la largeur du format, comme un ruban rouge. Des arbres touffus situés derrière les maisons dominent celles-ci de leur haute taille, de sorte que le ciel, une surface bleue, n'est visible que le long du bord supèrieur du tableau. On ne reconnaît plus le trait du pinceau brusque de Heckel que dans quelques détails- comme la façade parsemée de fenêtres du bâtiment de droite. Mis à part ces détails, les couleurs se rejoignent pour former des segments picturaux composés de grandes surfaces, seulement séparées les unes des autres par des contours moirs incomplets et rappelant une esquisse.
Ernst Ludwig Kirchner
Trois nus dans la forêt,1934-1935
Ludwigshafen, Wilhem-Hack-Museum
Le pseudonyme de Louis de Marsalle, choisi par Kirchner, évoque déjà son besoin de réussir avec sa peinture aussi en France. Les conquêtes réalisées par le cubisme, et dont la source se trouvait à Paris, ont influencé son oeuvre de façon décisive à partir de 1925 et pendant une dizaine d'années environ, et provoqué la transformation évidente de son style. Le trait de pinceau mouvementé et caractéristique de Kirchner se transforme en une application en placards de peinture liquide. Les surfaces et les lignes décoratives deviennent indépendantes et se détachent de l'objet à représenter. Le tableau réalisé pendant les années 1934/35 constitue un exemple caractéristique de cette phase de l'oeuvre de Kirchner, que l'on considère généralement comme style "abstrait".
Ernst Ludwig Kirchner
Scène de rue Berlinoise,1913
Berlin(Ouest), Brücke-Museum
La peinture de Kirchner atteint sa pleine maturité dans ces oeuvres. "Femmes dans la rue", a été peint en 1913 et constitue le dernier tableau d'une série de neuf grandes peintures, traitant une thématique. En outre , de nombreux dessins et gravures représentant des scènes analogue ont été réalisés. Le motif présente plusieurs couples placés les uns derrière les autres, qui dirigent d'un pas énergique du fond du tableau vers l'observateur.
Femmes dans la rue, 1915
Wuppertal, Von Der Heydt-Museum
Le premier couple est directement pressé contre le bord antérieur du tableau; les corps anguleux , surdimensionnés, occupent toute la hauteur du format. La femme mondaine, à l'attitude droite est assurée et que Kirchner a directement placée dans l'axe central de la composition, est le personnage dominant. Son accompagnateur lui a été subordonné, ne serait-ce que par le choix de la couleur grise voilée de son habillement et par son regard baissé. Les circonstances de lieu restent indéfinies, ce n'est qu'à l'arrière-plan que l'on distingue vaguement une architecture, un arc de pont à gauche, un bâtiment à droite. Dans ce tableau, Kirchner ne fait aucun portrait des traits d'un individu. Bien davantage, ses modèles sont caractérisés par l'attitude de leur corps et par des vêtements élégants à la mode, incarnant ainsi un type de citadin précis: Kirchner , qui a trouvé nombre de ses motifs dans les lieux de plaisir et des cabarets, est fasciné par l'attitude des cocottes berlinoises.
l'expressionnisme
Ernst Ludwig Kirchner
Nu féminin avec chapeau, 1911
Weiblicher Akt Mit Hut
Cologne, Museum Ludwig
Quatre étudiants en architecture de Dresde, Frizt Bleyl, Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel et Karl Schmidt-Rottluff fondèrent le groupe d'artistes " Die Brucke" ( le pont). Ses membres étaient en partie des amis de longue date. C'est Kirchner qui eut l'initiative de fonder la communauté d'artistes, et c'est Schmidt-Rottluff qui en trouva le nom. On ne sait exactement s'il fut inspiré de façon tout à fait pragmatique par les nombreux ponts de Dresde -cette ville était surnommée "Florence sur Elbe"-ou s'il considera le pont comme une métaphore, y voyant une transition pouvant conduire vers d'autres rivages de l'art.
Ernst Ludwig Kirchner passe pour avoir été la personnalité dominante à l'intérieur de la communauté d'artiste " Die Brucke". C'était lui qui avait eu l'initiative de sa fondation mais c'est aussi à cause de sa chronique datant en 1913 que le groupe s'effondra, après huit années fructueuses.
Tête de femme devant des tournesols 1906
Offenburg, Collection Burda.
Dodo (Doris Grobe) est représentée de profil devant une fenêtre. Sur le rebord de la fenêtre, il y a un vase élancé contenant trois tournesols. Ce motif des tournesols peut être un hommage à son modèle Van Gogh, que le choix des couleurs ainsi que la touche pâteuse en traits courts et dynamiques nous rappellent. Les couleurs forment des surfaces les unes à cotés des autres. Kirchner renonce totalement à utiliser les dégradés qui pourraient modeler les ombres du corps. Le contour rouge, qui entoure les fleurs aussi bien que le personnage féminin, accentue encore davantage le caractère plan de la représentation. Seuls les courts traits de pinceau alignés les uns à côtés des autres octroient aux formes représentées, grâce au mouvement de leur direction, une certaine consistance.
Marcel Duchamp
Le passage de la vierge à la marié, 1912
Huile sur toile -Museum of Modern Art, New York
Etapes vers la forme définive de la "Mariée" du "grand verre", les formes mécanisées ont fait disparaître toute trace de réalisme. D'un point de vue strictement pictural, "le passage de la vierge à la matirée" fait preuve d'une extraordinaire virtuosité: formes, couleurs et tensions s'y équilibrent parfaitement. Surtout, une profondeur feinte, échelonnée par plans, évoque le relief accentué des photographies stéréoscopiques.
Mariée,1912
Philadelphia Museum of Art,
Collection Louise et Walter Arensberg.
Cette Mariée est une anticipation déjà aboutie de la figure principale du grand verre, le grand insecte-machine de la moitié supérieure gauche. Duchamp miltiplie les emprunts, tant au cubisme qu'au futurisme, pour parvenir à une forme totalement originale.
En peignant, en 1912, le passage de la vierge à la mariée et Mariée Duchamp intègre et traverse le cubisme, et se révèle à ce moment-là capable de se mesurer à Picasso qui est déjà "le plus grand" parmi les artistes. Il prouve ainsi qu'il pourrait être peintre.
Marcel Duchamp
A propos de jeune soeur, 1911
The Solomon R. Guggenheim Museum, New York
Reprise du thème du " nu aux bas noir ", mais cette fois-ci dans un traitement synthétique plus proche du cubisme. Marcel Duchamp ne s'inscrit pas dans l'histoire de l'art comme "peintre" (ni comme sculpteur), mais comme l'inventeur d'une stratégie artistique.
Sonate, 1911
Philadelphia Museum of Art
Collection Luoise et Walter Arensberg
Ce tableau, le plus proche de l'orthodoxie cubiste, met en scène les trois soeurs de l'artiste: Yvonne au piano, Magdelaine au violon et suzanne au premier plan, de profil. Derrière, l'imposante statue de Madame Duchamp, de face, domine la scène. La délicatesse des tons pâles suggère une harmonie musicale conforme au thème. "ce tableau fut ma première tentative pour extérioriser ma conception du cubisme de cette époque".

























