balade inoubliable
Arbre
Carnet de notes et croquis d'edgar Degas
La photographie- Degas
Danseuse ajustant sa bretelle.
Tirage moderne d'après le négatif de Degas.
Tout au long de sa vie, il a vécu à proximité des ateliers de photographes qui fleurissaient à Paris et qui, pour certains, lui ont fourni des images. Quelques-uns sont même devenus ses amis, tels Gustaves Le Gray, Eugène Cuvelier ou Nadar. Mais ce n'est qu'au soir de sa vie, passé la soixantaine, alors que les pratiques d'amateur étaient en plein essor, que Degas décide de mettre en application sa connaissance des procédés photographiques. L'artiste n'adopte pas le matériel léger et maniable, simple d'utilisation, qu'affectionnent alors les amateurs et quelques-uns de ses confrères curieux de cette technique, tels Maurice Denis, Bonnard ou Vuillard, Mucha, Khnopff, Schiele ou Munch qui y voient la promesse de sujets tirés de la vie quotienne et saisis sur le vif.
Auguste Renoir et Stèphane Mallamé, 1895
A l'appareil Kodak de george Eastman, qu'utilisent les amateurs, il préfère un matériel lourd. Le photographe et son matériel apparaissent dans le miroir aveuglant, à l'arrière-plan du double portrait de Renoir et Mallarmé. Degas l'impressionniste se rapproche de l'esthètique symboliste et de sa quête d'une réalité déréalisée. Recherchait-il l'inattendu et le mystère, l'involontaire et l'incohérence, qui feraient irruption dans des images du monde connu, voire ordinaire? Si le dessein de la photographie est une restitution de la réalité, Degas a compris qu'il pouvait en tirer des évocations ou apparitions ,une poètique du mirage de l'étrangeté et de l'onirisme, proche des "mille et une nuit" dont il aimait tant. Ses photographies évoquent ainsi la vie artificielle à laquelle il assimile l'impressionnisme, comme pour émanciper du naturalisme.
Les danseuses de Degas
La leçon de danse,vers1880
La danse,ou plus particulièrement l'étude du mouvement, est un sujet de prédilection, Degas choisit donc pour modèles des danseuses que la discipline corporelle a rendues aptes à tenir la pose, aussi contraignante soit-elle.Degas est une figure familière des couloirs de l'école de danse de l'opèra.Titulaire d'un abonnement à l'année, qui lui donne accès aux coulisses, Degas a obtenu l'autorisation d'assister aux cours de danse et aux répétitions dans les salles de classes. Il y passe des années, observant les corps fourbus, s'imprègnant de l'ambiance de travail, repérant poses et gestes.
L'oeil papillonne sur la toile sans savoir où se poser,rien n'échappe à son crayon. Il croque sur le vif les corps des petits rats, les maîtres de ballet autoritaires, les mères venues accompagner leur fille.
Danseuses en bleu,1893 Musée d'Orsay, Paris
De retour à l'atelier,quand il ne dessine pas de mémoire, Degas choisit les poses de ses modèles. Comme avec des mannequins de bois, il leur demande le bon mouvement, le geste sûr. La technique de la danse classique façonne les muscles d'une manière spécifique, et le corps a sa mécanique propre.
Le fusain "Trois Danseuse en maillot" illustre bien sa méthode, qui sera la même pour la sculpture. Les trois modèle nus miment différentes attitudes: l'une remonte son corsage, l'autre fait bouffer son tutu, la troisième ajuste sa tenue dans son dos. Ces trois personnages peuvent lui servir ensuite à d'autres compositions. Ainsi, on retrouve le même trio, dix ans plus tard, dans un dessin aux couleurs détonnantes.
Robert Tatin
Le Musée Robert Tatin à Cossé-le-Vivien en sud Mayenne
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les danseuses de Degas
Petite Danseuse de quatorze ans ou grrande Danseuse habillée. Cire 1879-1881.
Bronze fondu en 1932, satin, tulle, hauteur 98 cm.
Musée d'Orsay, Paris
En 1880, Degas provoque le scandale en présentant sa Petite Danseuse de quatorze ans à la cinquième exposition impressionniste. Une sculpture en scire, plus vraie que nature, d'un jeune petit rat au sourire narquois toise le visiteur. Non seulement le modèle présente un physique ingrat, mais Degas pousse le réalisme en l'habillant des pieds à la tête: un vrai corsage, un tutu en mousseline, des bas, des chaussons et même une perruque, ornée d'un ruban de satin. Avant d'habiller sa sculpture comme une poupée, Degas a eu besoin de saisir ce corps noueux au plus près. Des dizaines de dessins viennent attester la précision avec laquelle il a étudié son modèle sous tous les angles, en tournant autour d'elle comme un oiseau autour de sa proie. Pour rien ne laisser au hasard.
Etude de nu pour la danseuse habillée.
Bronze, patine noire, reflets rougâtres.
suite et fin des conquêtes de l'artiste
La princesse X
1915/1916
Bronze poli
Les femmes tiennent une place importante dans la vie du sculpteur, grand séducteur au regard noir, vif et pénétrant, petit et frêle mais d'une irrésistible puissance physique; il saura jusqu'au grand âge jouer de sa légende d'homme d'ailleurs, de l'ambiance étrange de ses ateliers, et de son existence quelque peu marginale. Ces dames,on les retrouve ici et là, transposées avec leur mystère dans le bronze ou la pierre, ou inspirant ses gouaches aux couleurs pâles, "la femme en bleu" ou la" femme aux cheveux verts", souvenirs de visiteuses inconnues, également photographiées.
"Princesse X" évoque sa liaison, dont on ne sait rien sinon qu'elle fut brève et déchirante-<<terrible>>, affirme Radu Varia- avec la princesse Marie Bonaparte; elle laissera chez Brancusi une blessure, et chez cette belle jeune femme agée d'une trentaine d'années des regrets que le temps apaisera d'autant plus lentement qu'ils garderont tous deux sur cet amour un farouche secret.
La muse endormie
1910
bronze poli
Constantin Brancusi
Le Miracle
1930/1932
marbre blanc
"Miracle", en marbre blanc, de 1932, est suggéré à Brancusi, comme il le racontera, par l'histoire de Florence Homolka, la fille d'un de ses amis américains, qui, désespérée par un chagrin d'amour, était attirée par le suicide. Le sculpteur l'en a détournée en évoquant les plaisirs de la vie; plus tard, ayant plongée dans l'océan et se rappelant brusquement la leçon de son ami, elle s'est redressée et s'est élancée hors de l'eau en criant:<< Miracle! Je suis sauvée... >> L'élan de la jeune fille libérée de ses angoisses se confond chez Brancusi avec la souplesse élégante du "phoque" qui titre également cette sculpture.
Un second "Phoque", variante du premier, en marbre gris veiné, sur socles de pierre, de 1943, appartient au musée national d'Art moderne de Paris. Ruisselant et lisse, il semble s'apprêter, sortant d'une eau invisible, à glisser, nonchalant et superbe, vers son repaire de glace.
Mademoiselle Pogany
Mademoiselle Pogany
1921 Epreuve aux sels d'argent
Constantin Brancusi
En 1912, Brancusi entreprend le portrait de Margit Pogany. Il a fait la connaissance de cette jeune peintre, fille d'un célèbre avocat hongrois d'origine roumaine, à Montparnasse en 1910. Elle expose au salon d'automne. Ils se lient aussitôt, se rencontrent souvent. Visitant son atelier, elle remarque que ses bustes ne sont "que des yeux".
De décembre 1910, où il lui demande de poser pour son buste, à janvier 1911, où elle quitte Paris pour Lausanne, ils ébauchent une liaison dont témoignent les lettres de la jeune fille que le sculpteur conservera.
Elle lui écrit:<< Tout le temps que j'ai pensé à vous, combien vous avez été bon et tendre avec moi...Je voudrais vous donner autant de joie que vous m'en donnez...>>
Mademoiselle Pogany
19121/1913
plâtre
En mai, Brancusi est appelé en Roumanie pour mettre en place le monument Stanescu au cimetière de Buzau.Il s'arrête à Bucarest afin de revoir Margit Pogany, mais celle-ci ne s'y trouve pas: c'est seulement en 1925, quatorze ans après leur rencontre, qu'ils se reverrons à Paris.
"Mademoiselle Pogany" est à la fois signe absolu, femme, esprit et objet; Il situe la figure sur un autel comme un totem sacré intermédiaire entre elle et celui qui la regarde.























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