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Gustave Courbet (1819-1877), le sommeil.

Musée du Petit-Palais, Paris

Gustave Courbet retrouve la furie de Rubens dans l'exploration du corps féminin. Ses nus sont volumineux, érotiques, travaillés avec un sens du détail confondant. "Les baigeuses", "la femme au perroquet", ou encore "la vague" sont déjà des peintures dont l'érotisme s'expose sans aucune retenue. Mais le peintre atteindra les sommets avec ses deuxtableaux secrets^pour un commanditaire privé, Khalil Bey, et restés très longtemps à l'abri des regards du public. " le sommeil", visible au Petit- Palais à Paris: un couple de femmes magnifiques, entièrement nues et tendrement enlacées sur un lit, tableau qui est prodige de représentation des nuances de la chair amoureuse et, en même temps, une sorte d'apologie baudelairienne du lesbianisme. Et surtout l'origine du monde, petit tableau devenu soudain mondialement célèbre parce qu'il a été redécouvert et exposé au musée d'Orsay au moment où, compte tenu de l'évolution des moeurs, le public occidental était prêt à le recevoir sans scandale: la femme est bien là, mais elle n'a pas de visage, seulement un thorax et un abdomen, et le seul motif central offert au regard est son sexe.