Véronèse

 

VERONESE; Les noces de Cana, 1562-1563 (Seconds instants)

Les noces de Cana, acteurs et convives vénitiens. Rappelons-nous : une œuvre monumentale commandée à P. Véronèse par les moines bénédictins de San Gorgio Maggiore à Venise mettant en scène les noces de Cana au cours desquelles le Christ transforme l'eau en vin. C'est pour nous l'occasion d'observer quelques uns des132 personnages composant cette œuvre...

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Le miracle de la couleur

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Dans les "Noces de Cana", l'éclat des teintes souligne cette somptuosité qui fit la fortune du peintre et la fraîcheur de son exécusion. Monumental, le tableau marquera un tournant dans sa carière et laissera une marque impérissable sur l'art religieux.

Lorsqu'en 1562 l'abbé fait appel à Paolo Caliari, dit Véronèse, celui ci, âgé de 34 ans, a déjà connu une carrière foudroyante et sa réputation de peintre illusionniste lui a valu de nombreuses commandes. Il a, de plus, souvent travaillé avec Palladio l'un des plus célèbres architectes de son temps.

Palladio (1)

Andrea Palladio

Moment émouvant évoqué par cette oeuvre que celui où le Christ va réaliser son premier miracle, changer l'eau en vin.

Une scène encore vivante, représentée sous la forme d'un splendide repas vénitien qui réunit 130 convives: le Christ, ses apôtres, mais aussi des musiciens .

Mais le tableau ne devait pas rester dans le monastère italien. En 1797, Bonaparte signe avec les délégués de la république vénitienne déchue un traité fixant le tribut à payer en oeuvres d'art par la Cité. "Les noces de Cana"figurent sur la liste. En novembre de la même année, elles sont exposées au Muséum de Paris.

Elles n ont pas fini pour autant de subir les péripéties de l'histoire. Pendant la guerre de 1870, elles partent roulées en caisse vers Brest pour être mises à l'abri, et manquent d'être oubliées sur une voie de garage à la gare de Rennes. Puis, pendant la guerre de 1914-1918, elles restent dans les salles du Louvres.Mais ellles connaîtront de nouveaux moments périlleux entre 1939 et 1945. Elles font partie, en effet, de l'expedition qui parcourt les routes de France pour trouver refuge dans les châteaux de province chargés d'accueillir les oeuvres d'art menacées par l'avancée allemande.Après un voyage qui les amène jusqu'à Montauban, elles réintégreront définitivement le Louvre en 1942. 

Une copie sublime en aété réalisée pour la Basilique San giorgio Maggiore.

Le banquet des" noces de Cana" est un festin de couleurs.

 

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Turner -Amboise et Blois - suite et fin

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 Le château d'Amboise 1828,1830

Au XVè siècle, Amboise avait été la pricipale résidence des rois de France, de Charles VII à son petit fils, Charles VIII.La hauteur même à laquelle se situait le palais rendais la place quasi imprenable, mais avait nécessité la construction de gigantesque tours à rampe hélicoïdable pour permettre l'acheminement à cheval des provisions.

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Blois : la façade du château 1828-1830

Sous le règne de Louis XII, le château de Blois était devenu la résidence du roi, mais avec l'accession au trône de François Ier, en 1515, Amboise retrouva son ancien statut . Cherchant à rivaliser auvec d'autres princes de la Renaissance, ce dernier avait réussi, à la fin de 1516, à persuader Léonard de Vinci de quitter l'Italie pour venir s'y installer. Le manoir du Clos-lucè, où Léonard vécut jusqu'à sa mort, est un bâtiment qui, au XIXè siècle, ne faisait pas partie des circuit touristiques. Il n'est donc pas surprenant que, en dépit de son intérêt indéniable, Turner ne l'ait pas vu.

 

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 Vue sud-ouest de Blois,1828-1830


 

Libération
 

 

Venue des rives de la Tamise par la grâce de la Tate Gallery qui la

coproduit, l'exposition Turner débarque sur les bords de la Loire. Elle reproduit approximativement le périple du peintre William Turner qui naquit à Londres en 1775 et y mourut en 1851. La cinquantaine atteinte, l'artiste effectua un voyage qui le conduisit de Brighton à Douvres en passant par la Normandie et la région de la Loire. Il remonta vers Paris par Angers, Saumur et Orléans puis rejoignit Beauvais et Calais. Turner aimait beaucoup voyager. Il a sillonné la France et une bonne partie de l'Europe. Précieuses. Le tronçon retenu pour l'exposition suit les méandres de la Loire, entre Nantes et Orléans. Ce trajet a fourni à Turner l'occasion de faire composer un recueil de gravures sous le titre de Wanderings by the Loire (Flâneries le long de la Loire). Les études qui ont servi à établir cet ouvrage sont présentées dans deux salles du château de Blois. L'accrochage serré met en valeur la densité des images sans nuire à la délicatesse de leurs teintes. Ces vues de la Loire sont d'autant plus précieuses qu'il n'en existe pas d'équivalentes alors que les bords de Seine et de Marne ont été largement représentés par les impressionnistes. Cette manière enlevée de croquer le motif procure aux marines une atmosphère éthérée proche des vedute de Francesco Guardi. Le peintre vénitien (1712-1793) s'attachait, lui, à représenter des paysages lagunaires qui, contrairement à ceux de Canaletto, se caractérisaient par leur aspect mouvant et leurs figures fugaces. On retrouve quelque chose de guardien dans les petits personnages de Turner.

Instantanés. Les effets de lumière dont joue le peintre anglais balaient les circonstances anecdotiques au profit d'une vision évoquant, par ailleurs, certains tableaux du Lorrain (célèbre pour ses marines, ce dernier privilégiait l'atmosphère d'ensemble et les éclairages crépusculaires). Mais le trait le plus frappant reste la grande liberté prise tant en regard de ces prédécesseurs qu'à celui d'un réalisme scrupuleux. Il s'agit de notes de voyage crayonnées ou aquarellées avec le souci de restituer la sensation d'un moment. Les figures qui apparaissent ça et là, perchées sur des suggestions de barques ou rêvant le long d'un quai improbable, sont autant de ponctuations graphiques sur une brume de clarté, une évanescence de paysage. Le dépôt léger d'encre sur papier bleu contribue, d'un simple point de vue technique, à adoucir les contours d'un bâtiment ou d'une berge. Parfois, le peintre se laisse même aller à abandonner toute préoccupation de vraisemblance pour, comme dans le Mont Saint-Michel, composer une variation chromatique étrangère à toute référence extérieure. On est aux antipodes de l'esthétique de la carte postale, même si le commerce, dans son habituelle frénésie boulimique, a fini par récupérer aussi ces anticartes.

Amour du détail. Là, avec une quinzaine d'années d'avance, s'annonce déjà l'audace d'une peinture telle que Pluie, vapeur et vitesse, l'une de celles qui ont le plus contribué à asseoir la renommée de Turner. L'imprécision, le flou et l'éphémère qui enveloppent ces croquis prennent paradoxalement aujourd'hui une valeur documentaire. Le pont de Pirmil, les chantiers navals ou le quai de la Fosse à Nantes se livrent comme des moments d'histoire. L'intérêt ethnographique se réfugie dans un air du temps et une couleur du quotidien. Les Soldats buvant dans un café sont prétexte à placer une tache de rouge, un halo bleu et un éclat de blanc qui ferraillent et font mouche dans un pacifique duel de tons. La façade des Loges du château de Blois vu en contre-plongée prend l'allure d'une ascension vers le bleu du ciel mais demeure néanmoins arrimée à trois coups de pinceau en forme de personnages. La tentation d'universalité de l'art est ainsi sans cesse bordée par l'amour du détail. L'éternel ne s'évade jamais de l'ici et maintenant. L'un des meilleurs moyens de circuler entre ces oeuvres de petit format consiste à voyager dans la peinture avec la nonchalance d'un promeneur flânant le long du fleuve. Les Murs de la Doutre avec la tour de la Trinité, à Angers invite à goûter aux nuances de l'ocre et du brun, à fondre la pâleur des piliers du pont dans la douceur bleutée de l'eau, à sauter d'arche en arche pour rejoindre la quasi-abstraction de l'arrière-plan. Et l'imaginaire n'a plus qu'à suivre le courant Turner.

(envoyé spécial à Blois) 

Hervé GAUVILLE

http://next.liberation.fr

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