Les chantiers et le monde ouvrier
Fonderie à Charleroi, la coulée-1896
Les grands travaux de Paris, les chantiers, sont une source d'inspiration pour Luce qui réalise des toiles dans lesquelles il met strictement en place l'équilibre des lignes et des plans déterminés par les échafaudages, les grues, tous ces engins qui modifient la conception de l'espace.
Percement de l'avenue Junot à Montmartre-1910
Mais là encore, répondant au besoin de fixer les excès de l'industrialisation déshumanisante, c'est à une étude animée par la présence des ouvriers qui s'activent sur ces chantiers, à ceux qu'il appelle les"esclaves modernes", qu'il se livre plus qu'au simple constat du changement du paysage urbain. Ces oeuvres ont une importance iconographique, comme en témoigne le percement du tunnel du métro d'issy-les- moulineaux ou le percement de l'avenue Junot.
La guerre de 1914-1918
Soldats à la gare du Nord-1916
Une nouvelle fois, alors que Luce avait entamé une série de peintures rafraîssissantes (campagne, bords de seine avec ses activités de baignade et de guinguettes), la guerre qui s'annonce va réactiver sa verve picturale anti-militariste.
La gare de l'Est sous la neige -1917
C'est de cette période que datent ses fameuses toiles montrant la gare de l'Est, justement célèbres, tout comme "le permissionnaire".C'est à son ami peintre, Alfred Veillet, blessé au chemin des Dames et soigné au Val-de Grâce, à Paris, qui lui sert alors de modèle pour ses scénes de poilus. Le tableau qui représente la gare de l' Est sous la neige un jour de 1917 est particulièrement poignant. Devant la haute façade aux lignes ondulantes se presse un peuple à dominante bleue: le bleu des uniformes des poilus de retour du front pour une brève permission. Des femmes cherchent l'un des leurs au milieu d'une hâle fébrile et triste, où un spahi rouge, goutte de sang dans cette marée humaine, forme un contraste violent, provocant.
Les escaliers de la rue d'Alsace
Luce et la commune
Une rue de Paris sous la commune-1903/1905
L'exécution de Varlin
Bien qu'agé de treize ans à l'époque de la commune, Luce l'intègre dans sa mémoire politique au point de donner dans les années 1910 à 1917 une série de toiles et des lithographies qui lui sont consacrées.
Luce donnera plusieurs versions (sept versions répertoriées) de la mort d'Eugène Varlin sur laquelle il s'est longuement documenté par le biais de témoignages d'anciens communards et de lectures historiques.Le choix de cette figure de la Commune n'est pas gratuit. Membre du conseil de la commune, de la commision des substances et directeur général des approvisionnements militaires, Eugène Varlin (1839-1871) tenta de s'opposer au massacre des otages de la rue Haxo, pendant la semaine sanglante.Il fut arrêté le 28 mai 1871 et aussitôt emmené sous les injures jusqu'à Montmartre avant d'être exécuté rue des Rosiers.Les différentes toiles montrent Varlin face au peloton d'éxecution. Luce adoptera le même parti dans une oeuvre du musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis," la mort de Genton ", certainement inachevée.
L'exécution de Varlin-1910/1917
Peintre Humaniste et artiste engagé
Les quais de paris, le docker à la ceinture
Maximilien Luce (1858-1941) est sans doute l'artiste qui, à la fin du XIXè siècle, a le mieux réalisé l'accord entre sa vie, son oeuvre et ses idées. Une grande partie de son oeuvre est marquée par ses convictions politiques. Mais sa vraie arme politique, ce sera le dessin. On sent l'admiration pour Daumier et Courbet, autant dans ses peintures que dans ses lithographies et illustrations dont les sujets ont le plus souvent une portée sociale.
Préparation de l'attelage
Maximilien Luce
Ouvrier au gilet rouge 1906
Luce ne renie pas ces origines modestes. Né à Paris, ce sont naturellement les quartiers populaires débordant d'activités de toutes sortes qu'il se plaît à décrire et lorsqu'il aborde le monde rural, ce sont là encore, en dehors de l'aspect plaisant du paysage qu'il rend à merveille, les gens du peuple dans leur humble vérité qui l'intéressent. Sa démarche de peintre démontre sa profonde humanité et c'est un sentiment voisin de la tendresse qui le lie aux hommes qu'il prend pour modèles.
le café 1892
Maximilien Luce, peintre, dessinateur, lithographe est avec Paul Signac l'un des représentants de l'école des néo-impressionnistes. Outre les paysages qu'il peint volontiers, il se différencie de ses contemporains par ses oeuvres décrivant les peines de la classe ouvrière. Cet artiste "engagé", soucieux des hommes de son temps et dont la peinture affirme les convictions politiques, collabora également à plusieurs revues anarchistes et exécuta des dessins et caricatures pour de nombreux journaux de combat, tel "le père peinard" ou "la révolte".
Maximilien Luce
Les batteurs de pieux,1902-1903
Paris,musée d'Orsay
Maximilien Luce est né à Paris en 1858, d'un pére modeste employé à la ville de Paris. Les évènements de la commune en 1871 le marquent profondément, et les problémes sociaux politiques le préoccuperont tout au long de sa vie.Cela ne l'empêche pas de peindre avec passion et talent.Sa première manière est impressionniste; très loin des maitres des salons officiels, il adopte ce style encore mal accepté, qui correspond à son tempérament de révolté.Luce ne conçoit pas de paysage sans présence humaine,il manifeste son intérêt pour son peuple, l'activité ouvrière. La violence lui répugne , il n'a pas oublié les horreurs de la commune.76 ans, Luce est élu président de la société des artistes indépendants, après la démission de Signac.




















