Déperdition
Le lac Léman vu de Saint-Prex, 1901
Après la vue de Saint-Prex de 1901, les motifs du Lac Léman en format panoramique devinrent, dans les dernières années de la vie de Hodler, de plus en plus importants. Ils représentent un autre sommet dans son oeuvre. A partir de 1913, l'artiste habita l'élégant quai du Mont-Blanc sur la rive des Pâquis, avec vue sur les Alpes de Savoie et sur le Salève. A cette époque, outre les cygnes qui peuplent la jetée des Pâquis, les structures urbaines sur le Grand-Quai en face ne cessent d'apparaître sur la toile. Cependant, les pâtés de maisons sont dans l'ensemble de rares témoignages de la présence humaine dans l'oeuvre de l'artiste.
Formes rythmées au bord du Lac Léman, 1908
A partir de 1915 avec la mort de Valentine Godé-Darel ( 1875-1915), sa compagne et la mère de leur fille Paulette, commence pour l'artiste une période qui marque un changement capital dans le traitement de la couleur. La palette se réduit, l'emploi de la couleur devient de plus en plus libre. Les contours se perdent, peu à peu les formes sont exclusivement créées par des surfaces colorées. Hodler lui-même estimait avoir beaucoup gagné à cette évolution.
Le Weisshorn vu de Montana, 1915
En 1917, Hodler est cloué chez lui par les infirmités de l'âge et une maladie des poumons. Il est obligé d'installer un atelier dans une pièce. Désormais la vue de la rive gauche, le massif du Mont-Blanc et le Salève sur la rive en face prennent une place centrale dans son art. Tourmenté par la souffrance et l'insomnie, ce créateur infatigable utilise les heures du petit matin pour peindre et observer le passage de la nuit au jour. L'hiver 1917-1918 voit naître une impressionnante série de tableaux représentant la chaine du Mont-Blanc où, de façon unique, la course du soleil apparaît dans toutes ses phases, de l'aube au lever du soleil. Elle se place du même rang que les études lumineuses de Claude Monet pour la cathédrale de Rouen ou les meules de foin du même artiste.


