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Berthe Morisot

Julie au violon,1893

Julie rêveuse ou lisant un livre, julie au violon ou la mandoline, julie cueillant des oranges ou cueillant des cerises, julie avec le lévrire Laërte ou avec sa perruche, en robe blanche ou au chapeau Liberty, elle prête sa jeunesse, son délicieux visage, sa grâce nostalgique au pinceau exigeant de Berthe, qui la fait poser sans trêve et trouve en elle son inspiration. A Pris comme en vacances, sur les rives du lac du bois de boulogne ou sur les hauteurs de Nice, à Mézy ou à Bougival, seul le paysage change: une même silhouette juvénile et tendre semble y poursuivre le bonheur. Lorsque Julie est fatiguée de poser, l'une de ses cousines germaines, jeannie de préférence, du même âge exactement, descend de l'étage ou accourt du jardin et vient la remplacer.

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Julie Manet

Cueillette des pêches

Les deux jeunes filles se ressemblent et sont les meilleurs amis du monde. Elles ont grandi ensemble, sous l'aile de Berthe, car Jeannie a perdu prématurément sa mère (l'ainée des trois soeurs Morisot) .

Julie rencontre un jeune peintre. Un ami de la famille- le seul élève qu'aura jamais Degas. C'est Ernest Rouart, le fils d'Henri, le peintre impressionniste, compagnon de route de Berthe Morisot.Elle épouse Ernest au mois de mai 1900 en l'église Saint-Honoré- d'Eylau. Le même jour, à la même heure , au cours de la même cérémonie, sa cousine Jeannie, qu'elle aime comme une soeur, épouse le poète Paul Valery. Berthe Morisot n'est plus là pour contempler la scène ni peindre le visage tant aimé de sa fille, "Julie à la couronne de fleurs d'oranger".