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Otto Dix (1891-1969)

A la beauté, 1922.

Un univers mécanique:

Ce tableau n'entend pas séduire. Ce que l'on voit d'abord, c'est ce personnage central, au regard presque menaçant, dont la représentation déstabilise. Cet homme bien droit, bien posé au centre exact du tableau, qui en marque fermenent la verticalité, tient dans sa main gauche un écouteur de téléphone comme il ferait d'une arme: le poing est tout de violence, on le sent disproportionné, gonflé de ses muscles bandés de colère et de détermination. Otto dix convoque en premier lieu un objet dont la représentation est, en soi, un pied de nez à toute peinture traditionnelle, conventionnelle, qui se refuse à montrer ainsi les objets jugés à priori non esthétiques, voire disconvenants. La peinture, désormais, crée de l'inconfort, récuse tout jeu de séduction; elle fait violence au spectateur, et c'est ce par quoi d'abord elle se veut moderne.