jeune femme au chaton 

Jeune femme au chaton, 1947

De retour à Londres en 1947, Freud fait la connaissance de Kitty Garman, qui pose pour plusieurs des tableaux les plus mémorables de ses débuts. Elle épouse Freud au printemps 1948; en juillet, ils ont une fille, Annie. En 1947/48, Freud réalise cinq portraits de Kitty et une eaux forte, "malade à Paris", en 1948. Le peintre donne la priorité à une distribution très minutieuse, très cohérente, de l'information sur toute la surface de la toile. Il en résulte une tension de la surface dont les grands yeux froids en amande de Kitty constituent une sorte de tautologie qui l'amplifie. Que son regard soit posé sur le spectacteur ou qu'il se perde ailleurs, il est impossible de ne pas voir la conscience aigüe d'être observé qu'elle exprime. Kitty y est proche et plus menaçante que dans les autres tableaux. L'attention que Freud porte de manière homogène au cheveux épars, à la main, aux yeux et à la manche, ainsi qu'au chaton, contredit l'extrême implication émotionnelle et suscite une tension autonome. 

Kitty Garman, regarde de côté, mais le chaton qu'elle étreint dans sa main droite nous regarde droit dans les yeux et crée une troublante géométrie des regards. La présence de Kitty possède l'allure magnifiquement impérieuse d'une reine égyptienne, tout en paraissant intensément vulnérable.

jeune femme au chien blanc

Jeune femme au chien blanc,1951/52

La jeune femme, c'est Kitty, et l'animal est l'un des deux chiens du couple. Freud avait commencé à peindre, un chien noir; mais celui-ci fut renversé par une voiture et le peintre dut le remplacer par un chien blanc. Il s'agit d'un des plus grands tableaux de Freud, bien qu'il soit difficile d'en décrire ce qui le rend merveilleux. Deux êtres sensibles nous regardent fixement. La jeune femme, en robe de chambre, montre un sein qui pend de son buste, telle une troisième présence animale. Sa main droite soutient délicatement l'autre sein, recouvert de la robe de chambre. Paraissant plus à l'aise, le chien n'en est pas moins attentif. Là encore, il y a une grande tension entre le défi et soumission- défi des regards discordants, soumission de la position assise. Dans sa peinture, Freud ne cherche pas délibérément les gens quelconques afin d'affirmer quelques propos sur l'ordinaire; il ne cherche pas plus les personnalités remarquables. ses sujets se trouvent être ce qu'ils sont. Les raisons pour lesquelles il décide de peindre telle ou telle personne relèvent entièrement de l'impulsion, de son impulsion. C'est dans cette oeuvre est, soutient-il, " autobiographique ".

Elle est totalement liée à l'espoir, au souvenir, à la sensualité, à l'engagement.